Dans un reportage de la RTBF, des journalistes posent la question de l’existence de pots de vins versés par les pompes funèbres aux établissements de soins pour récupérer des dossiers lors de décès. Une découverte stupéfiante à laquelle personne ne s’attendait ! (comme le sarcasme dans le présent article).
Pot de vin au pays de la bière
Des soupçons de collusion entachent la réputation du secteur funéraire en Flandre. Plusieurs témoignages recueillis par des médias belges révèlent que des entrepreneurs de pompes funèbres auraient versé des pots-de-vin à des collaborateurs de maisons de repos et à des employés d’hôpitaux, notamment au sein de l’établissement ZAS Middelheim à Anvers. L’objectif : pouvoir récupérer les corps des défunts avant même que les familles n’aient eu le temps de faire leur choix, outrepassant ainsi la législation.
En Belgique, tout comme en France, la loi établit clairement que le choix de l’entreprise funéraire incombe exclusivement à la famille du défunt. Pourtant, selon une dizaine de témoins anonymes, il existerait des arrangements où certains établissements, sous couvert d’avoir « leur propre entrepreneur funéraire », facturent jusqu’à 50 euros par dossier aux entrepreneurs bénéficiaires.
Face à ces révélations, les instances professionnelles se disent relativement impuissantes. La fédération du secteur rappelle aux familles leurs droits et insiste sur la possibilité de changer de prestataire même si un entrepreneur a déjà pris en charge un défunt. En Flandre, le manque de régulation stricte rend le secteur plus vulnérable à ce type de dérives, contrairement à la Wallonie où des règles d’accès à la profession existent pour limiter les abus.
Après des plaintes antérieures, certaines procédures ont été renforcées, mais des pratiques illégales semblent perdurer.
Le sujet de la RTBF est ici :
Et au pays du vin ?
Votre serviteur parierait bien volontiers que la réaction parmi les lecteurs professionnels français de Funéraire Actualités n’a pas été « Oh mon Dieu, c’est incroyable ce qu’il se passe en Belgique », mais, plutôt « tiens, chez eux aussi ? ».
Parce que, oui, à certains endroits, ça existe, et tout le monde le sait. Et personne ne fait rien. La raison officielle ? « Il n’y a pas de preuves ». Pourtant, une collusion est facile à détecter, grâce à un moyen tout simple : les statistiques. Quand une société domine outrageusement un marché, c’est soit qu’elle est très bonne et en même temps pas chère, soit qu’il y a… Autre chose.
Durant ma carrière sur le terrain, parce que oui, cet article passe à le première personne, j’ai travaillé dans plusieurs régions, et deux, particulièrement, étaient représentatives.
La première était exemplaire : le funérarium de l’hôpital était tenu par une aide soignante très expérimentée à qui sa direction avait donné des consignes pur que la gestion soit exemplaire. Les employés sous ses ordres avaient pour consigne de ne rien accepter des pompes funèbres. Même les chocolats que la société envoyait à la fin de l’année aux différents intervenants nous étaient renvoyés. C’était un peu exagéré, sans doute.
Et dans une autre région, nous avions un CHU où la régie municipale régnait en maître, où les aides soignants de la morgue avaient tous une résidence secondaire et des véhicules de sport, et où un élu du conseil municipal, à la fois en charge du CHU et de la régie de pompes funèbres, avait passé publiquement un savon mémorable à une jeune remplaçante fraîchement arrivée parce que la jeune femme avait respecté la loi et laissé partir trois convois à la concurrence.
Le préfet, saisi par une pompe funèbre, avait répondu « circulez, il n’y a rien à voir ». Le procureur, quand à lui, avait expliqué que le préfet lui avait dit que tout était normal.
Aujourd’hui, la situation a un peu changé. Mais ça a existé à cet endroit et ça existe encore dans d’autres, et aussi bien avec des société privées qu’avec des régies. Alors, pourquoi personne ne fait rien ? Les familles, c’est simple, sont terrifiées de perdre une place en maison de retraite, ou trop abattues pour songer à la loi quand quelqu’un en blouse blanche et en bienveillance vient leur « suggérer » tel établissement ou l’appelle à leur place.
Quand aux autres, soit ils y ont leur intérêt, soit le « pas de vagues » fait encore des siennes.
La presse ? Disons qu’il est plus lucratif et spectaculaire de faire tomber un politique que de s’attaquer à un système d’enveloppe au pays des croque-morts. Sans manquer, tout de même, d’attaquer la profession à la Toussaint.
Des solutions ? Il y en a. Mais elles passent par une vraie volonté conjointe des professionnels et de l’administration. Autant dire, ça va mettre un petit moment. En tout cas, ça fait trente ans que ça dure sans que quiconque n’aie bougé une oreille.
Guillaume Bailly
Et oui, ca excite en France aussi. Dans le Loir et Cher, dans le perche exactement!
J’ai vécu la même expérience que cette agent funéraire, mon patron Mr xxxxxx avait des connections avec la maison de retraite de la commune et allait même chercher les corps à 2 h du matin, pour éviter que les familles aient le choix!!!
Moi, plus que surprise que ce monsieur ne respecte pas la loi pendant des dizaines d’années sans qu’il soit inquiété.
Et ces enfants n’ont pas voulu reprendre la boutique, car il y avait trop d’illégalités dans le comportement de leur père!