Jack l'éventreur

Jack l’Éventreur, Clapp de fin ?

Ca y est, on sait qui est Jack L’Éventreur. « Encore » soupireront les connaisseurs sérieux de l’affaire. Mais là, c’est différent : une femme explique qu’elle est son arrière arrière petite fille. Ça, c’est inédit.

 Le couteau de l’Histoire

L’affaire Jack l’Éventreur, tout le monde en a entendu parler au moins une fois. Et, pourtant, l’affaire est relativement méconnue. Il existe un nombre important de personnes persuadées que, pour avoir autant marqué les annales judiciaires, il a commis un massacre de dizaines de victimes sur plusieurs années.

Pas du tout. Cinq meurtres, entre Août et Novembre 1888. Ce qui a fait de cette affaire une légende criminelle, c’est son impact sur la société. Elle a attiré l’attention du public sur la misère qui régnait sur le West End de Londres, au point que la Reine Victoria elle-même est intervenue, et surtout, elle a fait réaliser à la presse qu’elle avait une véritable influence sur le grand public.

Le journalisme moderne est né grâce à Jack l’Éventreur. Et ça, c’est important.

Mais l’identité du tueur reste inconnue. Et ce, malgré des centaines de livres qui, tous, ont affirmé avoir trouvé qui c’était, désignant une personne différente à chaque fois. Si on additionne tous les Jack l’Éventreur identifiés par des détectives amateurs, et qu’on considère de façon absurde qu’ils ont tous raison, l’assassin est en réalité la moitié de la ville de Londres.

Le criminologue Colin Wilson a écrit « quand viendra le Jugement dernier et que Dieu dira à Jack l’Éventreur de s’avancer, tous les spécialistes s’exclameront : quoi ? C’était lui ? ».

Mais si tous ces détectives amateurs ont prétendu avoir identifié Jack (dans l’immense majorité des cas pour vendre un livre), la revendication du tueur était, jusqu’ici, relativement inédite.

Une certaine Susan Clapp, 69 ans, explique être l’arrière-arrière petite fille de Jack l’Eventreur. D’après elle, ce serait un secret familial bien gardé.

Un peu de contexte : le 31 août 1888, Charles Cross, un charretier, découvre le corps de Mary Ann Nichols. Il se rendait à pied à son travail chez Pickfords, une entreprise de transport, vers 3h40 du matin lorsqu’il a aperçu une forme au sol, qu’il a d’abord prise pour un tas de vêtements. Alerté par un autre passant, Robert Paul, ils ont examiné le corps mutilé avant d’avertir la police, qui a relevé leurs identités.

Pendant longtemps, c’était la seule mention de Charles Cross dans le dossier. Et pourtant, un détail était troublant : la police n’a jamais réussi à retrouver Charles Cross et n’a pas spécialement insisté. La raison ? Il n’existait pas. On a découvert ensuite qu’il s’agissait en réalité d’un certain Charles Allen Lechmere, qui avait donné une fausse identité.

Pourquoi ? Parce que c’était lui, Jack l’Éventreur, pardi ! En ont conclu certains. D’autres, plus modérés, pensent simplement qu’il a voulu s’épargner des problèmes et tracasseries administratives.

Mais bon, on a fini par découvrir que Charles Cross était en réalité Charles Allen Lechmere, qui a eu une descendance, jusqu’à avoir une arrière arrière petite fille, Susan Clapp, qui affirme que son ancêtre était Jack l’Éventreur. Elle explique que sa famille le sait ou s’en doute depuis longtemps, mais qu’ils n’assument pas trop cet héritage familial. Etonant.

Il y a d’autres éléments qui lien Lechmere au tueur en série, notamment que tous les meurtres ont été commis sur l’itinéraire de sa tournée de livraison. Pas de quoi, selon mon humble avis, le déclarer coupable, mais assez pour l’ajouter sur la très longue liste des suspects.

L’histoire tombe à pic en ces temps où l’identité et l’héritage sont au coeur de quelques débats : en la matière, certains sont mieux servis que d’autres.

Guillaume Bailly

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