Histoire PFG

Pompes Funèbres Générales, une histoire qui chevauche trois siècles

Tout le monde connaît, au moins de nom, les Pompes Funèbres Générales, dont Philippe Lerouge quittera la tête en novembre prochain. Mais les racines de cette maison sont bien plus lointaine que ce que l’on pourrait imaginer, et se pencher sur l’histoire d’OGF et des PFG, c’est se pencher sur des chapitres entiers de l’histoire funéraire française.

Le consistoire

L ‘histoire des Pompes funèbres générales débute en 1844. Mais il faut remonter quelques années avant pour trouver les racines de la société, et à un personnage très particulier, Joseph Ferdinand Langlé. Particulier du moins dans son parcours.

Joseph Langlé est le fils de Honoré Langlé, compositeur, directeur de théâtre, qui fut, entre autres, professeur de clavecin et de piano de Marie-Antoinette. Joseph hérite de la fibre artistique de son père, tout en poursuivant des études de médecine. Après avoir achevé celles-ci, il entame deux professions parallèles qui seront chacune le fil conducteur de son existence : d’un côté, il prend la direction de la Compagnie Générale des Sépultures, de l’autre, il écrit.

Il sera l’auteur d’une abondante production littéraire, théâtre, littérature, articles de presse.

Directeurs de sociétés, il crée, en plein consistoire, les Pompes Funèbres Générales.

Consistoire et laïcisation

L’église détient à l’époque le monopole des pompes funèbres. Si les ecclésiastes sont compétents pour les cérémonies, ils délèguent volontiers aux fabriques la fourniture des accessoires et de la logistique. Joseph Langlé souhaite dans un premier temps s’installer à Paris, mais la commune est déjà bien pourvue et organisée. Ce sont dans les communes périphériques de la région parisienne qu’il développe son entreprise. Joseph Langlé décède en 1867, laissant une compagnie florissante qui va encore se développer. En 1898, PFG change de statut : elle devient une société anonyme, ce qui va modifier la nature de son actionnariat.

En 1905, la loi de séparation de l’église et de l’état change la donne. Le monopole du funéraire est donné aux communes, du moins, l’aspect matériel et logistique, les cérémonies restant de l’ordre du privé. C’est ce qu’on appelle le « service extérieur des pompes funèbres », tout ce qui se déroule en dehors du lieu de culte.

Les PFG proposent alors aux communes de mettre en place pour leur compte des services dédiés et professionnels. Si certaines communes optent pour la création de régies, d’autres se laissent séduire par l’offre des PFG, professionnelle et déjà très rodée.

Si la force de l’entreprise a été de savoir utiliser son expérience pour s’adapter à son époque, plus encore, les PFG ont rapidement compris qu’être leader, c’était aussi innover.

L’influence des PFG sur le funéraire

Les PFG se sont dotées, à des fins de développement vertical, dès 1928, d’une fabrique de cercueils, d’une société de marbrerie en 1936 et prend le contrôle de sociétés au nom prestigieux pour assurer son développement horizontal : c’est entre les deux guerres que Roblot et Henri de Borniol rejoignent le groupe.

Mais le plus important, ce sont les services novateurs offerts par les PFG. Ainsi, en 1962, à Menton, ouvre la première maison funéraire, ou athanée, de France, suivie de nombreuses autres. La demande en la matière est inexistante, mais les PFG considèrent qu’il est normal que les familles ne demandent pas un service dont elles ne connaissent pas l’existence. Pari gagné : les maisons funéraires deviennent la norme.

Le petite information amusante est que les dirigeants de PFG souhaitaient un nom spécifique à leurs maisons funéraires. Ils créèrent donc l’appellation de « funerarium », qui ne fut pas déposée. Le nom propre devint rapidement un nom commun.

En 1998, nouvelle révolution : le groupe OGF est créé, ayant pour but d’assurer la bonne gestion de toutes les marques. PFG en devient le satellite et fer de lance, avec Roblot, Henri de Borniol, les autres sociétés créées ou absorbées par le groupe et les fabriques.

Après être passé par des époques et des législations très différentes, avoir été contrôlée par des sociétés elles aussi très différentes, la Lyonnaise des Eaux, Service Corporation International, C’est aujourd’hui Ontario Teachers qui tient les rênes de la société. Philippe Lerouge, qui quittera son poste en novembre prochain, en aura été le dirigeant au mandat le plus long. Joseph Langlé serait certainement surpris, et ravi, de voir la société qu’il a créé aujourd’hui.

Guillaume Bailly

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