Thanato

Bertille, thanato, un an après

Il y a un an, nous avions interviewé Bertille, alors juste diplômée en thanatopraxie et en quête d’un poste. Un an après, nous avons voulu savoir quel avait été son parcours pour sa première année d’exercice. Voici donc Bertille II, le retour..

Bertille, bonjour, il y a un an, vous étiez diplômée en thanatopraxie et en quête d’un poste. Donc, douze mois après, où en êtes-vous ?

Bonjour ! Et oui déjà un an que je suis diplômée, ça passe tellement vite. Il se trouve que quelques semaines après notre première interview j’ai mené mon enquête, je regardais une page Facebook dédiée aux acteurs du funéraire, un homme a publié une photo de son corbillard et en fond ou pouvait apercevoir la chaîne des Alpes, je lui ai écris en lui demandant si il avait des contacts en Haute-Savoie. Il m’a dit qu’il faisait simplement un transport et qu’il ne travaillait pas dans cette région, mais qu’il connaissait quelqu’un qui connaissait quelqu’un, c’est bizarre dit comme ça mais c’est comme ça qu’à commencé ma quête. Il m’a mise en relation avec un interlocuteur qui connaissait un couple de thanatopracteurs à leurs compte qui exerçaient notamment en Haute-Savoie, et qui, par chance, recherchaient quelqu’un. Je les ai appelés, on a beaucoup discuté et ils m’ont engagée. Il s’agit de l’entreprise BVB Thanatopraxie. Ils n’ont pas reculé devant le fait que je sois un « bébé » thanato, ils m’ont fait confiance.

Du coup, c’est bien, un travail, et dans une région dont vous rêviez ! Savez vous si il y a des pénuries de thanato, là où vous êtes, ou avez-vous eu de la chance ?

Je ne pense pas qu’il y ait de pénurie de thanato là où je suis basée, chaque entreprise a sa petite place. Cependant je m’estime vraiment chanceuse car BVB recherchait un thanato pour couvrir le secteur de la Haute-Savoie au moment où moi même je cherchais un poste dans cette région. Le timing était parfait, l’offre et la demande en même temps.

Et à vos débuts, thanatopractrice diplômée mais sans expérience, comment cela s’est passé ? On vous a laissé faire de suite les soins seule, ou il il a eu une période d’accompagnement ?

Dans un premier temps j’ai rencontré Bruno et Virginie en personne, ils m’ont parlé de mon secteur, des attentes des pompes funèbres, des types de corps auxquels je serais confrontée (accident de montagne etc), ils m’ont énormément rassurée lors de cet entretient, ils m’ont fait comprendre que je ne serais jamais seule, qu’au moindre problème je pouvais appeler pour être guidée. Et c’est vrai, à la moindre difficulté ils m’ont toujours aidée, corrigée, et appris.

J’en viens maintenant au terrain, lors de mes premiers jours sur mon secteur Bruno m’a accompagnée, il m’a présenté tout le monde, il m’a remontré des soins, des astuces, ensuite j’ai fais des soins sous ses yeux, au tout début c’est toujours rassurant d’avoir un professionnel expérimenté à côté de soit. Puis quelques jours plus tard j’ai pris mon envol, j’ai fais mes premiers soins toute seule, ma maître de stage m’avait déjà conditionné à ça, elle me laissait me débrouiller. Alors ça a été, forcément on sait que les responsabilités sont grandes parce qu’il n’y a personne pour rattraper les bêtises de bébé thanato. Il suffit de se faire confiance. Quand j’avais des doutes j’appelais Bruno ou Virginie, ils sont toujours présents et très à l’écoute.

Bertille Thanato

Et alors, la vie d’un thanato, est-ce tel que vous le pensiez, ou avez vous été surprise de certains aspects ?

Alors concernant la vie de thanato j’ai été agréablement surprise. Je m’attendais à beaucoup de pression, du speed, du stress, de faire mes soins en un temps donné. Et non, Bruno et Virginie ne me mettent pas la pression, ils me donnent mes missions en me laissant de la marges pour faire mes soins, ils privilégient la qualité des soins à la quantité de soins effectués, et cette politique me plaît, parce qu’il me laisse le temps de réaliser mes œuvres vous voyez ? Sans bâcler, et sans quitter un corps en me disant que j’aurais pu faire mieux. C’est pas pour autant que je met 2h à faire un soin, avec le temps on gagne en rapidité, mais seulement j’ai toujours le temps de bien faire. Je ne me sens pas pressée, je sais que je suis large et je gère ma journée tranquillement. Ils font en sorte que je ne m’épuise pas à faire des soins à la chaîne, et ils ne me font jamais finir à des heures tardives sauf exception, où la reconnaissance est au rendez vous lorsque cela arrive.

C’est peut-être encore trop tôt pour le dire, mais à la lumière de cette année, pensez-vous avoir fait le bon choix de carrière ?

Je suis certaine d’avoir fait le bon choix de carrière, je ne me vois pas faire autre chose. Et puis quand je travaille je n’ai même pas l’impression de travailler, tellement ce que je fais me plaît.

Du coup, vous avez été diplômée confinée, et là vous venez d’exercer un an sous Covid, on apprend à vitesse Grand V ? Comment ça a été, là où vous êtes, du point de vue de l’épidémie ?

Alors comme vous devez le savoir les soins sont interdits sur les personnes positives au covid (positif il y a moins de 10 jours, les lois changent tout le temps), bref, j’ai fais quelques habillages mais c’est tout, sinon en soi l’activité n’est pas vraiment impactée.

Alors, qu’est-ce qu’on vous souhaite pour la suite ? On se refait un point dans dix ans ?

Pour la suite, j’espère être toujours aussi épanouie dans l’entreprise BVB et dans la thanatopraxie en général. On refait un point dans 10 ans si vous voulez, en espérant que presque rien n’aura bougé.

Merci Bertille, et à bientôt !

Guillaume Bailly

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