Covid après

Covid-19, et après ?

La crise du Covid-19 semble peu à peu décroître, laissant un espoir que, d’ici quelques mois, elle soit derrière nous. Même si ceci est à prendre avec prudence, il convient de réfléchir à l’après, et, peut-être, à la prochaine fois.

Une aimable épidémie

L’intertitre est provocateur, et, pourtant, si l’on se réfère à l’histoire de façon tout à fait pragmatique, l’épidémie de coronavirus est une aimable facétie comparée à ses aînées du passé. La Grippe espagnole de 1919-1920, par exemple, qui a provoqué entre 50 et 100 millions de morts, mais sur une population globale de 1 milliard 800 millions d’habitants. Ou, bien sûr, les épidémies de peste, dont la plus importante a tué, en Europe, un habitant sur deux.

Le contexte est différent, évidemment. On ne disposait alors, à aucune de ces époques, d’aucun des moyens que nous avons aujourd’hui, services hospitaliers, lits dans des services de réanimation, réseaux sociaux et grands médias pour informer la population et donner des consignes à grande échelle.

Il n’empêche, quitte à choquer : le Covid-19 est plus une répétition générale qu’une crise sanitaire culminante par son intensité.

Ce qu’il peut y avoir de pire ? Le permafrost qui dégèle recèle de nombreux virus et bactéries du passé dont on ignore tout et dont certains pourraient nous laisser démunis face à leur virulence. D’autres pourraient muter pour répondre aux antibiotiques et traitements. Oui, la nature sait faire ça.

Même si la menace est beaucoup plus minime que ne le laissent penser les auteurs de thrillers, tant la chose est, dans les faits, ardue, une arme bactériologique à base de virus transformée en laboratoire n’est pas à exclure. Imaginez ce que ça donnerait entre les mains d’un groupe terroriste.

Et il y a les grands classiques. La peste n’a pas disparue et n’est pas vaincue. Il existe un vaccin contre le bacille, mais il est compliqué à produire, il a une durée limitée (6 mois) et n’est pas efficace contre toutes les formes. Il y a encore des foyers de peste dans le monde, la maladie a tué 5 personnes en 2019. Même si elle est sur une tendance baissière, c’est un cycle.

Tout cela pour dire : d’une certaine façon, nous avons eu de la chance. Si le Covid-19 avait eu la contagiosité ou la létalité de ses aînés, la crise aurait été autrement plus grave. Et les services funéraires, en première ligne, auraient été débordés.

Demain et après demain

Le secteur funéraire va avoir besoin, comme tous, de se redresser après cette crise. Différemment, certes : il y aura des personnels épuisés à mettre au repos, des heures et des congés à rattraper, des stocks à reconstituer, bref, il y a du travail, beaucoup de travail.

Mais il conviendra également de tirer le bilan de tout ce qui a été fait, de tout ce qui aurait pu être fait mieux, différemment, ou qui ne l’a pas été faute de matériel, par exemple.

Un exemple typique (et facile, je le confesse), c’est ce qui s’est passé chez les thanatopracteurs. Une partie de la profession s’est lancée dans une de ces polémiques dont elle a le secret, avec d’un côté le camp de ceux qui voulaient l’interdiction des soins pendant l’épidémie de Covid-19, et ceux qui trouvaient la simple évocation de cette idée totalement scandaleuse.

Non, stop, lecteur ou -trice thanatopracteur, que je vous prêt(e) à relancer la polémique en commentaires. C’est fini, c’est derrière vous, et Dieu seul sait qui avait raison. Vous lui demanderez le moment venu, si vous voulez.

Mais il serait peut-être intéressant de penser à la prochaine fois, non ? Parce qu’on l’a vu plus haut, la question n’est pas de savoir si la prochaine fois va se produire, mais quand ? Ce qui implique de prendre l’initiative de s’asseoir et de discuter tous ensemble. Pardon, j’avais oublié qu’on parlait des thanatopracteurs, je complète : ce qui implique de s’asseoir et de discuter tous ensemble sans essayer de s’entre-tuer. Comme disent les jeunes : lol, trivial.

Mais les autres professions du funéraire ne sont pas en reste. Beaucoup de choses auront manqué, durant cette crise. Et, lorsqu’elle sera derrière nous, il conviendra de les lister et de, peut-être, chercher une solution pour y remédier. Sans tabou. Pourquoi pas une usine de masques coopérative sur le mode de gestion des fruitières à Comté du Jura ? C’est une idée, il y en a plein, mais la première chose à ne pas faire, c’est se fixer des limites dans les hypothèses qu’on s’autorise à formuler. Parce que les virus n’en ont aucune.

Vous direz certainement « la prochaine fois, les gouvernements auront pris des mesures adaptées, ils ont compris, cette fois-ci ». Et c’est vrai que l’on peut voir beaucoup de choses en prévision pour le système de soin dans son ensemble, ce qui est très bien. Mais je n’ai rien vu qui concerne le funéraire, et vous ?

Guillaume Bailly

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