Tombe profanée

Profanons, profanons, il en restera toujours quelque chose… Humeur.

130 : c’est le nombre de tombes profanées dans deux cimetières, en sept jours, sans que les évènement ne soient liées. Encore. Ces profanateurs ne respectant rien, au nom de quoi la justice rendue en notre nom devrait elle respecter leur dignité ?

L’invasion des profanateurs

Un pillage au cimetière de Lesquin, dans le Nord : objets en étain, bronze ou cuivre volés, et des dégradations, dont la presse ne dévoile pas la nature. 110 tombes profanées et tout, parce que la caméra de vidéo surveillance a été enlevée momentanément pour cause de travaux.

Même pas l’excuse du vol à Saint-Romain-Au-Mont-D’or. Entre 15 et 20 sépultures profanées, pour rien, croix brisées, décorations endommagées. Un déferlement de haine contre ceux qui ne peuvent pas se défendre, et, comme victimes, les mêmes, les familles qui ne demandent qu’une chose, un endroit où se recueillir et évoquer la mémoire d’un être aimé dont l’absence pèse.

Même si les auteurs sont identifiés, ils risquent au plus un an de prison et 15000 euros d’amende. Le double en cas d’atteinte à l’intégrité du cadavre. Bon, gageons que, même s’ils étaient attrapés, ils ne risqueraient pas grand-chose.

C’est quoi, un cimetière ? C’est l’endroit où reposent nos prédécesseurs. Qu’ils aient été de notre famille ou non, les personnes qui y gisent ont vécu avant nous. Ils ont contribué à la construction et à l’entretien de l’endroit ou nous vivons, à travers un patrimoine matériel et immatériel. Peut-être ont-ils bâti la route où vous roulez pour vous déplacer, peut-être se sont-ils battus pour que vous soyez libre de pouvoir continuer à aller et venir librement. Comme vous et moi contribuons aussi à la continuation de notre société, et mériterons, une fois morts, le même respect.

Nous avons, peu ou prou, une dette envers la plupart des défunts qui y reposent, et ceux qui n’ont pas contribué ou pris leur part, bien souvent, c’est parce qu’un malheur les en a empêchés. A eux, nous devons la compassion. Certes, ici et là, il y a des exceptions, mais elles ne font que souligner la règle.

Le cimetière est l’endroit où reposent des personnes qui ont été aimées qui ont compté, à un moment ou à un autre, pour d’autres personnes. C’est l’endroit où l’on peut espérer se remémorer de bons moments passés avec quelqu’un qui ne sera jamais plus là, et dont le vide qu’il ou elle a laissé ne sera jamais comblé.

C’est l’endroit, par excellence, où l’on s’attend à trouver de la tranquillité, pour pouvoir se recueillir sans que les fracas du monde ne viennent troubler ce moment.

L’irruption de violence que constitue une profanation est insoutenable. C’est le surgissement du pire de notre monde dans un lieu sacré, au sens le plus noble du terme, un égoïsme extraordinaire vis à vis des gens qui souffrent, parce que si le profanateur est capable d’amour, il éprouve ou éprouvera lui aussi le chagrin de la perte et n’aimerait certainement pas ce qu’il lui arrive. Si il est incapable d’aimer, alors, c’est un monstre. C’est une ingratitude aussi vis à vis de tout ce dont nous avons collectivement hérité.

Une profanation est un acte grave et impardonnable : quelqu’un qui ne respecte pas la mémoire des morts ne respecte ni ne respectera rien. Il ne mérite donc pas non plus notre respect, et encore moins notre indulgence. Sans doute est il temps de sévir. Législateurs qui votez les lois et magistrats qui les appliquez au nom du peuple dont les ancêtres reposent dans ces cimetières, à bon entendeur.

Guillaume Bailly

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