Normes Salles de soins

Quelles sont les normes de ventilation des funérariums ?

Quelles sont les normes de ventilation des funérariums ? Précises, les obligations d’installation et d’entretien du matériel sont soigneusement contrôlées. Mais des erreurs peuvent passer inaperçues. Et les conséquences d’un oubli ou d’une négligence peuvent être désastreuses.

Les normes des salons funéraires

Il faut distinguer deux spécificités : la première, c’est la ventilation des salons où reposent les défunts et ou se recueillent les familles, et la seconde, celle des salles de soins où les thanatopracteurs officient, beaucoup plus exigeantes.

Ce n’est pas un hasard : la mise au point des normes de ventilation des maisons funéraires ont commencé par les laboratoires. Les fluides de thanatopraxie, essentiellement à base de formaldéhydes, sont à la fois très volatils et très cancérigènes.

Dans un salon funéraire, il n’y a pas lieu de prendre de précautions superfétatoires, puisque soit le défunt a subi des soins de conservations, soit il repose sur une table réfrigérée, soit il est en bière, mais normalement au niveau sanitaire, ne pose pas de difficultés particulières.

La ventilation est donc un circuit classique, avec prise d’air au sol et évacuation en hauteur. Le débit de remplacement de l’air dans la pièce est fixé à 1 volume d’air par heure, c’est à dire que la ventilation doit évacuer et remplacer en une heure l’équivalent du volume d’air contenu dans la pièce, qui se calcule tout simplement en multipliant la hauteur par la largeur et la profondeur.

La ventilation dans les salles de soins

Dans les salles de soins, la problématique est toute différente. Les particules de formol étant très petites, il fallait une ventilation à la hauteur pour pouvoir les évacuer. Ceci dans un but précis, éviter qu’elles soient inhalées par le thanatopracteur. Pour lui, c’est l’assurance de travailler en sécurité sans le spectre de la maladie. Pour la société qui l’emploie, de ne pas se retrouver responsable d’une maladie professionnelle.

Le but du système de ventilation est donc de les envoyer à l’endroit ou ils sont le moins dangereux, éloignés des voies respiratoires. C’est pour cela que la norme impose pour les salles de soins une ventilation avec prise d’air en haut et évacuation en bas, afin d’amener les particules au niveau du sol avant évacuation.

Le volume d’air qui doit être renouvelé, selon le même mode de calcul, est de quatre par heure. Soit l’équivalent de l’air de la pièce renouvelé tous les quart d’heure. Les évacuations d’air à l’extérieur doivent être munis de filtres, filtres à charbons et à odeurs.

Les pièges à éviter

Quelles sont les erreurs le plus souvent commises par les professionnels qui conduisent à une contre-visite ? Dans les funérariums aux normes, ce n’est généralement rien de méchant. Ce qui se produit, c’est que le gestionnaire oublie de remplacer les filtres. Ces derniers s’encrassent, font obstacle, et le débit d’air baisse au bout d’un moment. Il suffit de les remplacer.

Ce type d’erreurs vient souvent du fait qu’un responsable n’est pas forcément toujours désigné pour veiller au bon état des filtres. Il suffit d’assigner cette tâche à une personne précise, qui saura que le respect du planning et de l’état du matériel est de sa responsabilité.

Outre les inspecteurs formés aux spécificités des lieux qu’ils inspectent, les instruments de mesure également sont très précis. Les contrôles sont effectués avec des instruments tels que les anémomètres et les débitmètres à insertion. Ainsi, les manquements et défaillances peuvent être précisément déterminés, rapidement sourcés, afin d’être corrigés.

Il importe donc, pour la conception d’un funérarium, de prêter attention à la ventilation de la salle de soins, quatre volumes d’air par heure du haut vers le bas. Et, pour l’entretien, de vérifier régulièrement les filtres.

Et le risque va bien au-delà d’une admonestation ou de frais engagés pour la remise aux normes. Outre les contrôles techniques obligatoires pour le renouvellement de l’habilitation à la préfecture, les Agences Régionales de Santé peuvent procéder à des contrôles inopinés.

Et le font, régulièrement et sans indulgence : ainsi, en 2019, deux maisons funéraires qui avaient des non conformités qui avaient certainement échappé à un cabinet de contrôle et n’étaient pas aux normes se sont vu notifier une fermeture immédiate et définitive.

Guillaume Bally

Pour aller plus loin sur le sujet

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *