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Le corps en trop du cimetière de Saint Molf

Mairie de saint molf

Ce n’est pas tous les jours que ce genre d’énigme se présente : au cimetière de Saint Molf, un corps a été découvert dans une tombe. Quoi d’étonnant ? C’était le troisième corps d’une sépulture censé en contenir deux, et il y gisait sans cercueil.

Polar régional

La presqu’île de Guérande, en Loire Atlantique, en Bretagne, donc, quoique pas officiellement, n’est pas un lieu propice au mystère. Des gens y vivent, y meurent, et y sont inhumés. Pour faire de la place, comme partout ailleurs, régulièrement, des reprises de concessions expirées sont organisées.

Et tout marbrier pourra vous le dire : si il est possible que certaines reprises de sépultures tournent mal, ce sont, dans l’immense majorité des cas, pour des raisons techniques et, somme toutes, similaires. Dans le cas qui nous intéresse, c’est de l’inédit.

En effet, un des employés de la société chargée de l’opération est tombé sur un squelette. « Comment ?!? » vous exclamerez-vous certainement, « un squelette dans une tombe ? C’est étonnant ». Plaisanterie à part, les restes étaient à même la terre. L’employé s’est toutefois dit, dans un premier temps, que le cercueil s’était décomposé entièrement. C’est lorsqu’il s’est aperçu que, sous les ossements, il pouvait voir le crucifix et le couvercle du cercueil inhumé en dessous qu’il a signalé l’anomalie.

Et, en effet, la tombe était censée contenir deux corps, inhumés dans les règles de l’art, en cercueil donc, qui s’y trouvaient bien. Plus un troisième, qui lui avait été enterré à même la terre. Ce qui est, en France, interdit. D’autant que l’inhumation n’avait pas été déclarée, la sépulture devant contenir les corps d’un couple, qui s’y trouvait bien, et avait été fermée pour la dernière fois en 1979.

Enquête inédite

La gendarmerie a bien entendu été saisie de l’affaire. Il pourrait s’agir d’une inhumation clandestine destinée à dissimuler un homicide, mais plusieurs éléments viennent perturber un peu ce raisonnement. La pierre tombale, d’abord, qui est assez lourde. Le fait que ce soit une pleine terre, ensuite. Il aurait donc fallu déplacer le monument, puis creuser, ce qui implique l’action de plusieurs personnes, le tout nuitamment pour ne pas attirer l’attention.

En revanche, la sépulture offrait quelques garanties : dernière demeure d’un couple, sans autre personne susceptible d’y être inhumée, il devait se passer du temps avant que quiconque aille voir ce qu s’y passe. Et, effectivement, 44 ans sont passés, de quoi éliminer beaucoup d’indices pour des criminels éventuels.

Les restes ont été transférés à l’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale, IRCGN. Plusieurs tests vont être réalisés. Tout d’abord, une recherche ADN, pour voir si le corps est lié d’une façon ou d’une autre aux occupants légitimes de la tombe. Les anthropologues judiciaires vont aussi pouvoir travailler sur les ossements pour pouvoir déterminer le sexe et l’âge approximatif du défunt.

Une recherche dans les archives de la mairie permettra aussi de déterminer quand a été posée la pierre tombale, élément qui a son importance pour les hypothèses sur l’inhumation clandestine.

Et ensuite ? Ce sera aux gendarmes de déterminer ce qui s’est passé. Avec un handicap de 44 ans. Bon courage à eux. Mais pour voter serviteur, cette affaire est devenue, dès son premier épisode, son nouveau feuilleton préféré.

Guillaume Bailly

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