Jim morrisson

Mon voisin Jim Morrisson

Lassé de vos voisins trop communs ? Envie de fréquenter des stars pour qu’une partie de leur prestige rejaillisse sur vous ? Désireux d’habiter près de l’écrivain dont vous avez lu tous les livres ? La Mairie de Paris a la solution. Il faut remplir, néanmoins, certaines conditions. A commencer par être mort.

This is the end

La ville de Paris a lancé une opération inédite : elle propose à des particuliers la possibilité d’acquérir l’emplacement d’une tombe délabrée située dans l’un des trois cimetières historiques parisiens, Père‑Lachaise, Montparnasse ou Montmartre.

L’objectif annoncé est double : d’une part, offrir une opportunité unique à ceux qui souhaitent être inhumés à proximité de grandes figures telles que Édith Piaf, Jim Morrison ou Alexandre Dumas. D’autre part, donner une nouvelle vie à des monuments funéraires laissés à l’abandon et désengorger des cimetières saturés depuis de nombreuses années.

Le dispositif se déroule selon un mode simple mais strictement encadré. Ceux qui souhaitent participer doivent répondre à un appel à candidatures en ligne et seront ensuite tirés au sort. Une fois sélectionnés, ils pourront acquérir un monument funéraire ancien, avec l’engagement d’en assurer la restauration à l’identique. Après vérification de la remise en état par la mairie, la concession enfin pourra être achetée. À défaut de respecter les délais ou les conditions, la vente est annulée et l’investissement perdu.

Pour cette première phase, trente monuments sont concernés : dix dans chacun des trois cimetières cités. Certains emplacements se situent particulièrement près de tombes célèbres, ce qui a suscité un intérêt immédiat, avec plus de mille formulaires remplis en vingt-quatre heures selon un élu parisien.

Au-delà de la simple vente de concessions, l’opération s’inscrit dans une démarche patrimoniale et écologique : restaurer des tombes existantes plutôt que d’en créer de nouvelles permet de limiter l’impact matériel et de préserver l’histoire des lieux. Ce projet-pilote, voté à l’unanimité au conseil de Paris, sera suivi attentivement avec l’idée d’en étendre éventuellement l’application à d’autres sites si l’essai s’avère concluant.

Light my fire

Et, il faut être clair dès à présent, fidèles lectrices et lecteurs de Funéraire Actualités, le présent article est exceptionnel à un titre : pour une fois, votre serviteur n’a rien à y redire. Mieux, il éprouve même l’envie d’applaudir des deux mains. Parce que l’idée, et bien, l’idée est tout simplement excellente.

Certes, certains objecterons qu’il faut rénover à l’identique un monument existant et qu’on n’a donc pas le choix de son style de stèle. Et bien, si, mais ailleurs. Si vous n’adhérez pas au concept, ça ne changera rien à votre vie, pardon, mort.

Bon, il est vrai que, quand on dit « reposez à côté d’Edith Piaf », la Mairie entend « dans le même cimetière ». Pas forcément à côté. Sinon vous pensez bien que votre serviteur ferait des pieds et des mains pour reposer à côté de Dieu, pardon, vous l’appelez Pierre Desproges, je ne m’y ferai jamais.

Mais l’idée est vraiment bonne. Bravo. Vraiment. Aucune réserve. Sauf peut-être… Bon, on va pinailler, mais l’infortuné ou l’infortunée qui reposera près de Jim Morrisson recevra peut être un peu moins de visites. Le coin est très mal fréquenté, paraît il.

Et bravo au lecteur attentif qui s’est exclamé, en lisant cet article, qui a repris une phrase lue sur le site de RTL : « Hein ? Alexandre Dumas ? », puisque le grand écrivain a été enterré à Dieppe avant que ses cendres soient transférées au Panthéon, et n’a jamais été inhumé dans aucun des trois cimetières parisiens.

Guillaume Bailly

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